L’impact des différents combustibles et systèmes de chauffage

Quel combustible utilisez-vous pour le chauffage et l’ECS et quelle partie de son énergie restituez-vous ?

Dans le tableau ci-dessous, on peut voir combien de kWh d’énergie il y a dans les combustibles les plus utilisés ainsi que la quantité de CO2 dans chaque unité.


COMBUSTIBLE UNITE DENSITE kWh 100% PCI CO2kg/unité CO2gr/1kWh
Fioul 1 litre 0.840kg/litre   9.8 kWh/litre 2.9kg/1 litre 0.296gr/kWh
Gaz naturel 1 M 3 0.720kg /M3   9.9 kWh/M 3 2.3kg/M 3 0.232gr/kWh
Propane 1 M 3 1.870kg/M3 23.9 kWh/M 3 5.4kg/M 3 0.226gr/kWh

Chacun de ces combustibles émet dans l’atmosphère une quantité de CO2 égale approximativement à trois fois sa masse. Même si cela paraît « surnaturel »  pour les laïcs, c’est un fait indéniable.

Est-ce que ces chiffres seront les mêmes si on prend en compte le rendement des chaudières ? Bien sûr que non !

Pour mémoire : P.C.I. - Pouvoir calorifique inférieur : la quantité de chaleur libérée lors de la combustion sans la condensation de la vapeur d’eau. Si dans 1 l de fioul à 100% PCI il y a 9,8 kWh, il dépend surtout de la performance de la chaudière quelle partie de cette énergie sera restituée et quelle partie sortira par la cheminée. Les chaudières d’il y a 15-20 ans commençaient leur vie avec un rendement moyen de 90% sur PCI. Actuellement, à leur âge, ce COP est sans doute plus faible. Les chaudières à condensation font figure d’exception avec 100% et plus sur PCI, mais elles n’existaient pas à cette époque.

Regardons le même tableau : combien de CO2 pour 1 kWh rejette votre chaudière de 20 ans à fioul ou à gaz, avec une performance pas trop mauvaise de 80 % sur PCI. Pour convertir, on multiplie 100 % PCI kWh du combustible respectif par un coefficient 0,8 – rendement chaudière. Ensuite, pour la quantité CO2 gr/kWh, on divise la quantité CO2 kg/unité par l’énergie restituée.


CO2 kg unité / (PCI kWh x rendement chaudière) = les chiffres les plus proches des réelles.


COMBUSTIBLE UNITE DENSITE kWh 80% PCI CO2kg/unité CO2gr/kWh
Fioul 1 litre 0.840gr/litre   7.8 kWh/litre 2.9kg/1 litre 0.370gr/kWh
Gaz naturel 1 M 3 0.720kg /M3   7.9 kWh/M 3 2.3kg/M 3 0.291gr/kWh
Propane 1 M 3 1.870kg/M3 19.1 kWh/M 3 5.4kg/M 3 0.283gr/kWh

Quel est le rapport 1kWh/CO2 pour l’électricité ?

Ce sont des émissions liées à l’extraction, la transformation et la distribution. L’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’énergie (ADEME) nous donne des chiffres différents selon l’utilisation et la saison.

  • Chauffage (chauffage électrique, consommation électrique de tous les éléments périphériques dans une chaufferie à gaz ou à fioul : circulateur, régulateur, etc.). Quantité CO2 dépendant de la production d’énergie électrique pendant la saison d’hiver - 180 g/kWh.
  • Eclairage (résidentiel, tertiaire, public ou industriel) - 100g/kWh.
  • Usage résidentiel et tertiaire : sans chauffage et éclairage (cuisson, lavage et produits bruns) - 60g/kWh.
  • Autres (froid, ECS, climatisation, agriculture, BTP, arme) - 40g/kWh.

La quantité de CO2 par kWh/électricité en France est variable. Elle est la plus importante pour le chauffage électrique, 180 g/kWh, car pendant l’hiver, quand la consommation est la plus grande, à part les centrales nucléaires, d’autres modes de production (centrales thermiques à combustibles) sont chargés. Néanmoins, le taux moyen de 95 g/kWh reste considérablement plus bas qu’en Europe (340 g/kWh), notamment grâce à la part importante de l’énergie nucléaire « pure ».

L’effet direct sur l’environnement

Tous les systèmes de chauffage à combustible ont une contribution directe du fait de l’émission de CO2.

Quel pourrait être l’effet direct d’une pompe à chaleur sur le réchauffement climatique et dans quels cas se produirait-il?

Selon leur puissance, les PAC sont chargées avec une quantité de fluide frigorigène différente.
Les machines avec une puissance calorifique de 13 kWh contiennent en moyenne 3 kg de fluide. Dans les systèmes frigorifiques, divers fluides sont utilisés.

Le CFC (chlorofluorocarbure) R12 détruit la couche d’ozone par le chlore qu’il contient et il a été remplacé par le R134a. Interdit depuis le 01/01/1995.

Le HCFC (hydrochlorofluorocarbure) R 22 a été remplacé par le R 407C et il a été interdit pour les nouvelles installations pour les mêmes raisons depuis le 01/01/2004.

Les plus utilisés aujourd’hui HFC (hydrofluorocarbures) R 134a, R 407C, R 410A, R 404A ne contiennent pas de chlore et ils sont inoffensifs pour la couche d’ozone. Mais, libérés dans l’atmosphère, leur effet sur le changement climatique, comparé au CO2, n’est pas moindre, voire il est maintes fois plus important.

Dans quels cas de figure c’est possible ?

  • En cas de fuite non constatée
  • En cas d’erreur de manipulation ou de libération de fluide

Pour les systèmes monobloc, le risque de fuite est exactement le même que pour un frigo. La PAC est chargée et testée dans l’usine. Les systèmes split (climatiseur et PAC avec groupe extérieur et unité interne ; PAC à détente directe) pour lesquels certains modules sont montés et testés sur le chantier, demandent plus de compétences professionnelles et plus de respect pour l’environnement.
 Les fluides frigorigènes ne modifient pas leurs qualités/propriétés avec le temps. Ils n’ont pas besoin d’être remplacés périodiquement. Un système thermodynamique, clim, pompe à challeur ou si vous voulez votre frigo, est chargé avec un fluide frigorigène à vie. Quand tout est bien conçu par le fabricant et tout aussi bien installé par nous, les installateurs, le djinn est condamné à travailler pour l’éternité uniquement dans sa bouteille ! Bien sûr, le risque n’est jamais zéro ! Pourtant, ce que nous venons de dire nous donne droit de considérer que l’impact direct d’une PAC sur l’effet de serre, comparé à une chaudière, est plutôt minime.

L’effet indirect

Chaque appareil électrique a sa part de contribution dans l’émission de CO2 en fonction de la consommation. Quand on achète un frigo ou une machine à laver, on a l’info concernant sa performance sur l’étiquette multicolore, obligatoire pour la plupart des appareils électriques. L'efficacité énergétique de l'appareil est évaluée en termes de classes d'efficacité énergétique, notées de A à G. La classe A étant celle à rendement optimum, G la moins efficace. Les étiquettes fournissent également d'autres informations concernant le choix entre divers modèles.

L'efficacité énergétique ou thermodynamique, d’où l’émission de CO2, d’une PAC dépendent de son COP. Pour mémoire, le COP est le rapport entre la chaleur restituée et l’énergie consommée.

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